Les chutes de météorites ont marqué le sol terrestre, mais elles ont aussi laissé une empreinte dans les esprits et nourri l'imaginaire, suscité maintes hypothèses quant à la provenance de ces mystérieux cailloux venus du ciel. De par leur origine, les météorites sont riches en informations sur la structure interne et l'évolution des planètes. Elles pourraient être la cause d'extinctions massives d'espèces anciennes, la plus célèbre étant celle des dinosaures, expliquer la formation de la Lune, ou encore l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre...
Quand et comment se sont formées les météorites ?
Comme tous les corps du système solaire, des météoroïdes ont commencé à se former dans la nébuleuse primitive en même temps que le Soleil et les planètes, il y a 4,56 milliards d'années. Elles se sont agglomérées, formant des astéroïdes. Certains astéroïdes massifs ont connu une température suffisante pour fondre, ce qui a entraîné un processus de différenciation : le fer et le nickel, plus lourds, se sont rassemblés au cœur pour former le noyau, alors que les silicates se concentraient dans le manteau et la croûte de ces " petites planètes ". Leur faible masse ne retient pas les débris issus des chocs. De la matière est éjectée. Elle provient souvent des zones superficielles, mais des impacts violents ont pu casser l'astéroïde, mettre à nu le noyau, ce qui allait devenir des météorites métalliques. Par ailleurs, certaines météorites ont la même composition que le sol lunaire ou martien ; et au début de l'année 1999, on avait recensé 13 météorites originaires de notre satellite et 13 probablement issues de la "Planète Rouge" (Mars).
La classification
On distingue deux grands groupes de météorites : les Aérolites ou météorites pierreuses les Sidérites ou météorites ferreuses les Sidérolites ou météorites intermédiaires.
Les Aérolites
Les aérolites sont des météorites composées exclusivement ou en grande partie de silicates. Numériquement, c'est le groupe de météorites le plus important. On distingue deux classes : les chondrites et les achondrites. Elles sont formées de chondres (d'où leur nom de chondrites) et de grains métalliques. Le reste des pierres ne contient pas de chondres et sont appelées pour cette raison achondrites. Elles sont pauvres en métal. Leurs formes sont variées et la roche est toujours recouverte d'une fine pellicule (< 1cm) de verre noir dû à l'échauffement pendant la traversée de l'atmosphère.
Les Sidérites
Elles représentent 6 % des chutes et sont constituées de fer et d'un pourcentage assez faible de nickel, accompagnés d'iridium, de chrome, de gallium, de carbone, de phosphore, ... Dans ce groupe, la classification est basée sur la teneur en nickel des minéraux. On distingue essentiellement : les Hexaédrites contenant 5 à 6 % de Ni et formées d'hexaèdres de kamacites, les Octaédrites, de 7 à 15 % de Ni et formées de kapacite et de taénite, les Ataxites, à plus de 16 % de Ni.
Les Octaédrites
Ce sont les sidérites les plus nombreuses. La structure des sidérites comprenant en moyenne plus de 6 % de nickel est : l'octaèdre. Lorsqu'on attaque une tranche polie d'octaédrite à l'acide on fait apparaître quatre systèmes de bandes de kamacite développées parallèlement aux faces de l'octaèdre et bordées par la taénite. Cette texture particulière des octaédrites, appelée figure de Widmanstatten, s'explique bien par l'étude du refroidissement du système fer-nickel. Les figures de Widmanstatten sont donc des bandes qui se croisent suivant deux, trois ou plusieurs directions.
Les Sidérolites
Météorites différenciées, les sidérolithes représentent 2 % des chutes totales. Elles sont riches en métal (ferro-nickel) et silicates (olivine).
Pourquoi les météorites tombent-elles ?
La vitesse maximale d'un météoroïde dans l'espace est de 42 km/s. Sa trajectoire est une parabole dont le sommet peut être sur l'orbite de la Terre ! Les météoroïdes tombent car leur trajectoire au sein du système solaire les amène à proximité de la Terre dont ils subissent l'attraction. L'attraction terrestre agit sur la trajectoire du météoroïde, qui peut dès lors être seulement dévié ou encore traverser l'atmosphère terrestre si sa grosseur est suffisante (c'est alors seulement qu'on l'appellera météorite) ; sinon elle brûlera (on l'appellera météore ou plus couramment " étoile filante ").
Chutes
Environ 100 tonnes de matière extraterrestre frappent la Terre chaque jour au sommet de l'atmosphère. La plupart sont vaporisées entre 100 et 20 km d'altitude. Quelques tonnes atteignent tout de même le sol. Les deux tiers plongent dans les océans, le reste est le plus souvent perdu. Depuis le début des années 1980, on ramasse aussi les micrométéorites, des grains de moins d'un millimètre de diamètre, dont le nombre est évalué à 10 millions de milliards par an.
La surveillance spatiale
D'après les estimations actuelles, il y aurait près de 3 000 astéroïdes et météoroïdes d'une taille comprise entre 1 et 10 km de diamètre qui croisent systématiquement notre orbite. Avec environ 200 corps recensés, le taux de découverte n'est seulement que de 7 % ! L'Association SpaceGuard s'étend peu à peu à travers le monde. Sa mission est de coordonner au niveau international les travaux effectués sur la recherche d'astéroïdes et de météoroïdes pouvant menacer notre civilisation.
Une météorite géante a-t-elle fait disparaître les dinosaures ?
L'hypothèse émise, est alors qu'une série d'importantes météoroïdes ou astéroïdes se serait écrasée sur la Terre à l'époque du Jurassique et aurait détruit en majeure partie les dinosaures. Il est difficile d'imaginer aujourd'hui les conséquences cataclysmiques de cette chaîne de météorites. En quelques minutes, un nuage de poussières s'est soulevé dans l'atmosphère. Pendant plusieurs mois, les rayons du Soleil ont été arrêtés, plongeant la Terre dans l'obscurité. L'air est devenu quasi irrespirable et la vie impossible pour un grand nombre d'animaux. Ce sont les perturbations de l'écosystème qui ont entraîné la disparition d'une grande partie des dinosaures. Dans les météorites, la concentration d'iridium est environ 50 000 fois plus forte que dans la croûte terrestre. D'où l'hypothèse qu'une de celles-ci aurait heurté la Terre, il y a 65 millions d'années. C'est le dernier grand cataclysme en date. L'extinction massive serait le résultat de l'impact d'une météorite de 10 kilomètres de diamètre situé dans la péninsule du Yucatàn au Mexique. Volatilisée dans les airs sous forme de poussière, en même temps qu'une masse beaucoup plus importante de roches terrestres pulvérisées. Cette poussière aurait formé une sorte d'enveloppe autour de la Terre, avant de retomber pour donner la couche enrichie en iridium. La chute de cette météorite géante aurait provoqué une série de catastrophes écologiques sur la Terre entière. On en a démontré une douzaine allant de gigantesques raz de marée et de vents atteignant 500 kilomètres/heure, à l'obscurcissement complet du ciel, en passant par un froid polaire généralisé, des pluies acides, la destructions de la couche d'ozone et la disparition quasi totale des forêts dans d'immenses incendies. L'évocation de cet enfer nous fait nous demander, non pas pourquoi tant d'espèces ont disparu, mais comment certaines ont réussi à survivre !
Source : par Florence STIERMANN et Jérôme SCHWAB,
Élèves de Premières du Lycée Lambert de Mulhouse (Haut-Rhin)
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